Torréfacteur :SO Coffee Roasters 🇵🇹

En 2019, trois amis — Lisa, Pedro et João — lancent SO Coffee Roasters à Porto, ville-port dont ils empruntent l'esprit d'ouverture. « SO » pour « Southwest », comme la position du Portugal en Europe : un ancrage géographique devenu identité. L'équipe, aujourd'hui douze personnes, brille aussi en compétition : Rui Pedrosa décroche le titre de champion barista du Portugal en 2022 et se hisse dans le top 15 mondial à Sydney, tandis que Luiz Lahutte Motta remporte la Brewers Cup nationale en 2024 — sa routine dédiée à sa grand-mère — avant de représenter le pays à Jakarta.
SO Coffee Roasters 🇵🇹

Porto, avril 2019. Trois amis quittent l'entreprise de café où ils se sont rencontrés, s'attablent pour un dîner d'adieu, et réalisent qu'ils ne veulent pas se séparer. Lisa, Pedro et João viennent respectivement du droit, de la danse classique et de la musique. Rien ne les prédestinait à fonder un torréfacteur de spécialité, sinon cette conviction partagée que le café pouvait être abordé autrement, avec la liberté créative que leur ancien employeur ne leur offrait pas. En quelques semaines de conversations, de coups de fil et de dîners prolongés, SO Coffee Roasters prend forme. Le nom lui-même est un manifeste géographique : « SO » pour « Southwest », la direction dans laquelle le Portugal se situe sur la carte européenne, et un clin d'œil à Porto, leur ville d'ancrage, dont le nom signifie « port » en portugais. Un lieu d'accueil, de passage, de découverte. SO Coffee Roasters se conçoit dès le départ comme un espace poreux, ouvert sur le monde, où l'on reçoit autant qu'on partage.

Deux cafés en trente jours, une torréfaction sur trois étages

Le 1er avril 2019, le premier coffee shop ouvre ses portes à l'intérieur de The Feeting Room, concept store bien connu de Porto. Un mois plus tard, jour pour jour, le deuxième s'installe dans le Feeting Room de Lisbonne, avec l'arrivée d'Iryna et Tiago dans l'équipe. L'idée de s'implanter dans un lieu hybride, entre mode, design et café, donne le ton : SO ne cherche pas à reproduire le coffee shop classique, mais à inscrire le café de spécialité dans un écosystème culturel plus large. En parallèle, une collaboration démarre avec Bigorna Parlour, un salon de tatouage et barbier de Porto. En juillet 2019, Lisa, Pedro et João trouvent enfin leur lieu principal : un bâtiment de trois étages entièrement dédié au café. Les travaux commencent en décembre 2019, en pleine montée de l'incertitude sanitaire mondiale. L'ouverture de la torréfaction et du coffee shop principal n'interviendra qu'en novembre 2020, après des mois de chantier et de doutes. Aujourd'hui, SO exploite deux cafés et trois bars à espresso (deux à Porto, un à Lisbonne) et compte une équipe de douze personnes.

Ce qui distingue SO dans le paysage portugais, c'est d'abord un travail de sourcing très personnel. Lisa, Pedro et João tiennent à rencontrer leurs producteurs, à échanger avec eux sur place. Parmi leurs partenaires réguliers : Jose Eguiguren en Équateur, Patrick Murray au Salvador, Johan Vergara en Colombie, la famille Barbosa au Brésil. Le café est pensé comme un « instrument social », selon la formule de l'équipe, un vecteur de lien entre les personnes qui le cultivent, celles qui le torréfient et celles qui le boivent. Le choix de proposer des cafés « distincts », comme le formule Rui Pedrosa, l'un des baristas clés de la maison, place le sourcing au centre de tout le reste.

De Porto à la scène mondiale

Rui Pedro Bastos Pedrosa incarne bien la trajectoire de SO. Formé dans l'hôtellerie de luxe à Porto, passé par le restaurant étoilé Michelin d'un palace de la ville, il découvre le café de spécialité en 2017 à une époque où la scène portuane n'en est qu'à ses balbutiements. Après un passage formateur chez Five Elephant à Berlin, où il apprend le métier de barista en partant de zéro, il rejoint SO et y trouve, selon ses mots, « la maison qu'il cherchait depuis Berlin ». En 2022, poussé par ses collègues à tenter les championnats nationaux, il remporte le titre de meilleur barista du Portugal, puis se classe quinzième au Championnat du Monde à Melbourne, le meilleur résultat jamais obtenu par un compétiteur portugais. Sa philosophie tient en une phrase qu'il répète volontiers : « Sustainability and quality are aspects of coffee that don't have an end. »

L'élan compétitif ne s'arrête pas là. En 2024, Luiz Lahutte Motta remporte la Brewers Cup nationale organisée par la SCA, avec une présentation que les observateurs décrivent comme à la fois précise et profondément personnelle : il dédie son café à sa grand-mère, convaincu que son influence l'a accompagné tout au long de sa préparation. Luiz représente ensuite le Portugal au World Brewers Cup à Jakarta en 2025. La même année, Giullia Sbardellot, autre membre de l'équipe, participe elle aussi aux championnats nationaux. Pour un torréfacteur de douze personnes fondé il y a à peine six ans, cette densité de talents sur la scène compétitive dit quelque chose de la culture interne de SO : un lieu où l'on se forme ensemble, où l'on se pousse mutuellement, et où la compétition est vécue comme un outil d'apprentissage collectif plutôt que comme une fin en soi.

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