Collection: Field Coffee Roasters 🇩🇪

Cousins australiens installés à Berlin, Morgan Love et James Maguire ont d'abord marqué la ville avec Silo Coffee en 2013, puis Commonground, important la culture café et brunch de Melbourne en plein Friedrichshain. En 2021, associés à Krésten Thøgersen, ils lancent Field Coffee, leur propre torréfaction au milieu des Plattenbauten de Marzahn. L'univers graphique s'inspire des voyages d'antan — leurs blends s'appellent « Pan Am », « Milky Way » ou « Cherry Ripe » — et le mot d'ordre tient en une ligne : « Good vibes & great coffee. It's pretty simple. »
Field Coffee Roasters 🇩🇪

Field Coffee est né d'une idée simple, presque contrariante dans le paysage du café de spécialité : tout le monde devrait pouvoir profiter d'un bon café sans avoir besoin d'un glossaire. Fondée à Berlin en 2021, la marque est la petite sœur de Fjord Coffee Roasters, torréfacteur reconnu dans la scène européenne depuis 2016. Là où Fjord explore les lots rares et les profils complexes, Field prend le contre-pied avec des cafés pensés pour le plaisir immédiat, des noms de blends qui font sourire ("Milky Way", "Cherry Ripe", "Dark Horse", "Pan Am", "Good Sleeper" pour le décaféiné) et un ton volontairement décontracté. Le slogan résume la philosophie en cinq mots : « Good vibes & great coffee. »

Derrière cette apparente légèreté, il y a pourtant un projet mûrement réfléchi, porté par trois cofondateurs aux parcours complémentaires. Kresten Thøgersen, Danois, a grandi dans une famille de cuisiniers : son père tenait un café, ses frères travaillaient dans un restaurant locavore, son oncle est un chef reconnu au Danemark. À quinze ans, son père l'envoie assister à des séminaires sur le café dans le café familial, alors qu'il aurait préféré faire du skate. Après le lycée, il part à Melbourne, travaille dans des cafés haut de gamme, puis s'installe à Londres avant de poser ses valises à Berlin au début des années 2010. Il y ouvre Father Carpenter, un café-brunch dans le quartier de Mitte qui rencontre un succès rapide. Morgan Love, Australien passé par RMIT University à Melbourne, cofonde de son côté Silo Coffee, autre adresse berlinoise devenue incontournable. Un troisième associé, James, complète le trio avec ses compétences en stratégie et en communication. En 2016, les trois décident de mutualiser leurs forces pour créer Fjord Coffee Roasters, installé dans l'est de Berlin, Zur Alten Börse 79, dans le quartier de Marzahn.

Deux marques, une même torréfaction

La création de Field Coffee cinq ans plus tard n'est pas un caprice marketing. Kresten l'explique clairement dans une interview pour Typica : Fjord propose des cafés aux profils pointus, vendus dans un packaging soigné, destinés aux amateurs avertis. Field, lui, s'adresse à ceux qui veulent un café de qualité sans se poser de questions sur le terroir ou le process. Les deux gammes sont torréfiées sur le même Probat en fonte, avec une approche combinant conduction et convection, mais les profils de torréfaction diffèrent. Field privilégie des blends accessibles et des single origins aux descripteurs francs, là où Fjord pousse l'exploration vers des micro-lots et des fermentations expérimentales.

Cette coexistence a aussi une vertu concrète côté sourcing. Plutôt que d'acheter de petites quantités à cinquante producteurs différents, l'équipe concentre ses achats auprès de sept à huit partenaires, principalement au Salvador, au Guatemala et en Colombie. En achetant des volumes plus importants à moins de fermes, Fjord et Field garantissent une stabilité financière aux producteurs, y compris pour les lots qui ne sont pas de grade compétition. Kresten ne mâche pas ses mots sur le sujet : il dénonce le greenwashing ambiant dans l'industrie du café et préfère une approche pragmatique où l'on achète aussi le café « normal » d'un producteur, pas seulement sa vitrine. L'équipe a même envisagé l'acquisition d'une ferme en Colombie pour y cultiver des variétés comme le Sidra et le SL28, avec un contrôle accru sur le séchage, étape que Kresten considère comme déterminante pour la durée de vie du grain vert.

Berlin, le vélo et les « Collaborative Coffees »

L'univers de Field ne se limite pas au café en sachet. La marque a développé un programme de « Collaborative Coffees » qui consiste à créer des blends sur mesure pour des entreprises et des commerces berlinois. Parmi les partenaires : GetYourGuide, pour qui Field organise des sessions de cupping dans les bureaux, Goldhahn und Sampson, épicerie fine berlinoise, ou encore Ucon Acrobatics, marque de sacs et accessoires dont le studio se trouve à quelques rues de la torréfaction. Pour cette dernière collaboration, l'artiste local Leif Podhajsky a conçu un visuel en édition limitée. Le lien avec le cyclisme est tout aussi concret : Field propose une collection « Cycling x Coffee » et collabore avec Standert Bicycles, fabricant de vélos basé à Kreuzberg. Kresten lui-même est cycliste, et la torréfaction a accueilli des visites organisées par Standert.

L'équipe qui fait tourner tout cela est résolument internationale. Jordan Montgomery, Australien passé par ONA Coffee à Canberra (la torréfaction de Sasa Sestic, champion du monde barista 2015), a rejoint Fjord et Field comme responsable marketing. Il est marié à Nicole Battefeld-Montgomery, figure bien connue de la scène barista allemande. Cette densité de parcours et de connexions donne à Field Coffee une assise rare pour une marque aussi jeune : la rigueur technique d'un torréfacteur établi, le réseau d'un acteur ancré dans la communauté berlinoise, et le culot d'affirmer que le café de spécialité n'a pas besoin d'être intimidant pour être bon.

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