Torréfacteur :Café Machin 🇫🇷

Avant de fonder Café Machin à Nantes en 2022, François Di Dio a passé près de sept ans comme directeur marketing chez leboncoin — un univers bien éloigné des cerises de café. Installé quartier Doulon, il torréfie aujourd'hui des cafés d'Amérique du Sud et d'Afrique de l'Est avec un credo simple : « Rendre le café bon et le bon café accessible. » Pour habiller ses paquets, il a fait appel à l'artiste Elsa Dray-Farges, dont les encres luxuriantes évoquent la végétation des plantations de caféiers.
Café Machin 🇫🇷

Café Machin, c'est d'abord un nom qui ne se prend pas au sérieux. Un nom de comptoir, presque une blague entre amis, qui tranche avec le vocabulaire souvent solennel du café de spécialité. Derrière ce choix, il y a François Di Dio, un ancien directeur marketing dans l'immobilier chez leboncoin, qui a quitté près de six ans de carrière dans le digital parisien pour s'installer à Nantes et torréfier du café. Le virage est net, mais pas irréfléchi. François vient de la banlieue parisienne, a étudié à Sup Career (groupe INSEEC), et a construit un parcours solide dans le marketing avant de tout remettre en jeu. Ce qui l'a fait basculer, c'est une conviction simple, qu'il résume dans le manifeste affiché sur son site : « Rendre le café bon et le bon café accessible. » Pas de grandiloquence, pas de promesse mystique sur le grain parfait. Juste l'idée que le café du quotidien, celui qu'on boit au bureau, en fin de repas ou debout dans la cuisine le matin, mérite mieux que ce qu'on lui donne d'habitude.

Café Machin est né vers 2021-2022 à Nantes, dans le quartier Doulon, au 211 route de Sainte-Luce. L'atelier de torréfaction est modeste, artisanal, à l'image du projet. François y torréfie une trentaine de références, toutes évaluées à plus de 82 points sur l'échelle de la Specialty Coffee Association. Il s'approvisionne via Belco, importateur français de cafés verts de spécialité, en privilégiant des circuits courts, en dehors des marchés boursiers. Le choix est délibéré : maintenir un lien plus direct avec les producteurs et garantir une traçabilité réelle sur chaque lot.

Doulon, quartier de torréfaction

L'atelier de François fait partie des sept torréfactions professionnelles que compte Nantes, une ville dont la scène café de spécialité s'est considérablement étoffée ces dernières années. Café Machin y occupe une place singulière, à mi-chemin entre le torréfacteur orienté coffee shops et le fournisseur de solutions pour entreprises. François a développé une offre dédiée aux professionnels qui veulent proposer un meilleur café à leurs équipes, avec un accompagnement qui va de la sélection du café au choix de la machine et aux conseils d'extraction. Côté particuliers et restaurateurs, les cafés se vendent en France et à l'étranger, dans des coffee shops, des épiceries fines et en ligne.

La gamme reflète une approche lisible et sans esbroufe. On y trouve des single origins comme un Colombie en variété Purple Caturra, cultivé entre 1 800 et 2 100 mètres d'altitude, lavé, torréfié en medium-light, ou encore un lot baptisé « Miriam » en variété Pink Bourbon. Le blend maison, « Le Bogorio », assemble un Brésil et un Colombie à parts égales pour un profil équilibré et gourmand, pensé pour l'espresso du quotidien. La torréfaction reste volontairement claire à moyenne, orientée vers la préservation des arômes de terroir plutôt que vers les notes de torréfaction.

L'art de ne pas se prendre au sérieux

Ce qui distingue Café Machin dans le paysage nantais, c'est peut-être cette capacité à conjuguer rigueur du produit et décontraction du ton. Le nom en est l'emblème, mais l'identité visuelle va dans le même sens. François a confié la direction artistique à l'Atelier Choque Le Goff et collaboré avec l'artiste Elsa Dray-Farges pour les illustrations des packagings. Le travail d'Elsa, peuplé de créatures hybrides et de végétation luxuriante, s'inspire directement des plantations de caféiers et de leur environnement proche de la jungle. Ses encres diluées font naître des formes libres, des couleurs contrastées, un univers à la fois joyeux et étrange qui donne aux sachets de Café Machin une identité immédiatement reconnaissable en rayon.

François Di Dio photographie lui-même une partie de ses contenus, signe d'un projet où tout passe encore par une seule paire de mains. C'est la force et la fragilité d'un micro-torréfacteur : chaque décision, du sourcing à la communication en passant par la livraison locale, porte l'empreinte d'une même personne. Pour un ancien du marketing digital, la reconversion n'est pas un renoncement aux compétences acquises, mais leur redéploiement au service d'un produit tangible. Le podcast « Ce moment-là », produit par leboncoin, a d'ailleurs consacré un épisode à ce parcours atypique, intitulé « De directeur marketing à torréfacteur ». François y raconte le fil qui relie ses deux vies professionnelles, et la place du café comme catalyseur de rencontres et de convivialité, bien avant qu'il ne devienne son métier.

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